Vous avez déjà fixé votre relevé bancaire un matin en attendant un loyer qui ne venait pas ? Cette angoisse, des milliers de propriétaires la vivent chaque année. Un impayé peut durer des mois, parfois des années, et vider votre trésorerie sans prévenir. La GLI est l’outil qui change ça. Simple, concret, efficace. Voici tout ce qu’il faut savoir.
Ce qu’il faut retenir
- La GLI (Garantie des Loyers Impayés) est une assurance souscrite par le propriétaire, pas le locataire.
- Elle couvre les loyers impayés, les dégradations et les frais de procédure (huissier, avocat).
- Son coût varie entre 2 % et 4,5 % du loyer annuel charges comprises.
- La prime GLI est déductible des revenus fonciers.
- Elle est incompatible avec une caution solidaire classique, sauf pour les étudiants et apprentis.
- Le locataire doit justifier de revenus équivalant à au moins 3 fois le montant du loyer.
Qu’est-ce que la GLI en pratique ?
Beaucoup de propriétaires entendent parler de GLI sans vraiment savoir de quoi il s’agit. Ce n’est ni une garantie bancaire, ni un simple contrat d’assistance. C’est une assurance, avec des règles précises, des conditions d’éligibilité et des plafonds de remboursement.
La définition simple de la GLI
La GLI, pour Garantie des Loyers Impayés, est une assurance souscrite par un propriétaire bailleur. Son but : protéger ses revenus locatifs si le locataire arrête de payer. Quand un impayé survient, c’est l’assurance qui prend le relai et rembourse les loyers dus.
Ce qui distingue la GLI d’une simple garantie de loyer, c’est son périmètre. Elle ne couvre pas uniquement les mensualités manquantes. Elle peut aussi prendre en charge les charges impayées, les frais d’huissier, les honoraires d’avocat et parfois même les dégradations laissées dans le logement après le départ du locataire.
En résumé, la GLI fonctionne comme un filet de sécurité. Vous louez, vous percevez vos loyers. Le locataire disparaît sans payer ? L’assureur prend le relai. C’est aussi simple que ça.
Ce que couvre réellement une GLI
La couverture d’une GLI varie selon les contrats, mais voici les garanties que vous retrouvez le plus souvent :
- Loyers et charges impayés : remboursement mensuel en cas de défaut de paiement du locataire.
- Protection juridique : frais d’avocat, d’huissier et de procédure d’expulsion pris en charge.
- Dégradations immobilières : remboursement des réparations suite aux dommages causés par le locataire.
- Vacance locative : certains contrats couvrent la période entre deux locataires (selon les offres).
- Départ prématuré : prise en charge des loyers non perçus si le locataire quitte le logement sans préavis.
Tous les contrats ne proposent pas l’ensemble de ces garanties. Avant de signer, lisez les conditions générales. La rubrique “exclusions” est souvent celle qui compte le plus.
La GLI, une assurance pour le propriétaire et non pour le locataire
C’est une confusion fréquente. La GLI est souscrite et payée par le propriétaire. Le locataire n’a rien à faire, il n’est pas partie prenante du contrat. Il ne paie pas la prime, il ne reçoit aucune indemnité.
En revanche, le locataire doit respecter des critères de solvabilité pour que la GLI soit activable. L’assureur vérifie son dossier avant la prise d’effet du contrat. Si le locataire n’est pas éligible, le propriétaire ne peut pas souscrire une GLI pour ce bail. Ou alors, il prend le risque de voir ses sinistres rejetés.
Pour en savoir plus sur les documents à fournir pour monter votre dossier, consultez notre article sur l’assurance loyer impayé : documents à fournir.
Combien coûte une GLI et qui peut y prétendre ?
Le coût et les conditions d’accès à la GLI, voilà les deux questions qui reviennent systématiquement. Ce sont aussi les deux points qui varient le plus d’un assureur à l’autre. Voici les chiffres réels.
Le coût d’une GLI en 2026
La prime GLI représente entre 2 % et 4,5 % du loyer annuel charges comprises. Pour un loyer de 800 € par mois charges comprises, cela donne entre 192 € et 432 € par an, soit entre 16 € et 36 € par mois.
Ce montant peut paraître élevé. Mais à titre de comparaison, un impayé non couvert peut rapidement dépasser plusieurs milliers d’euros. Une procédure d’expulsion seule coûte en moyenne entre 2 000 € et 5 000 €, sans compter les loyers perdus pendant la procédure.
| Loyer mensuel charges comprises | Prime GLI à 2 % | Prime GLI à 3,5 % | Prime GLI à 4,5 % |
| 500 € | 120 €/an | 210 €/an | 270 €/an |
| 800 € | 192 €/an | 336 €/an | 432 €/an |
| 1 200 € | 288 €/an | 504 €/an | 648 €/an |
| 1 500 € | 360 €/an | 630 €/an | 810 €/an |
Bonne nouvelle : la prime GLI est déductible de vos revenus fonciers si vous êtes imposé au régime réel. C’est une dépense qui réduit directement votre base imposable.
Pour aller plus loin sur ce sujet, notre article sur le prix de l’assurance loyer impayé vous donne les tarifs comparés des principales offres du marché en 2026.
Les conditions d’éligibilité du locataire
Pour souscrire une GLI, votre locataire doit répondre à des critères de solvabilité précis. Ces critères sont exigés par l’assureur, pas par vous. Les voici :
- Revenus nets stables équivalant à au minimum 3 fois le montant du loyer charges comprises.
- Justificatifs de revenus récents : les 3 derniers bulletins de salaire ou les 2 derniers avis d’imposition.
- Contrat de travail en CDI (hors période d’essai), statut de fonctionnaire ou revenus réguliers justifiables pour les indépendants.
- Absence de mention au fichier des incidents de paiement (FICP).
Les locataires en CDD, en intérim ou en situation précaire sont souvent exclus. C’est là que beaucoup de propriétaires se retrouvent bloqués. Si votre locataire ne remplit pas ces critères, d’autres solutions existent, comme la garantie Visale ou le recours à un garant physique.
GLI et caution solidaire : les deux ne sont pas compatibles
C’est une règle que beaucoup de propriétaires ignorent. En règle générale, il est impossible de cumuler une GLI et une caution solidaire classique pour un même bail. La loi Alur du 24 mars 2014 l’interdit expressément, sauf dans deux cas :
- Le locataire est étudiant ou apprenti.
- La caution est une personne morale, comme Action Logement.
Si vous cumulez les deux sans y avoir droit, votre assureur peut refuser d’indemniser votre sinistre. Ce point mérite toute votre attention avant la signature du bail.
GLI ou autres garanties : quelles différences ?
La GLI n’est pas la seule protection disponible pour un propriétaire. Il existe d’autres dispositifs, publics ou privés, gratuits ou payants. Savoir les distinguer, c’est faire un choix éclairé.
GLI vs Visale : deux logiques différentes
La garantie Visale est proposée par Action Logement. Elle est gratuite pour le propriétaire et pour le locataire. En apparence, c’est séduisant. Mais elle s’adresse uniquement à certains profils de locataires : les jeunes de moins de 30 ans, les salariés en mobilité professionnelle, ou certains ménages précis.
| Critère | GLI | Visale |
| Coût pour le propriétaire | 2 % à 4,5 % du loyer | Gratuit |
| Profils de locataires couverts | CDI, fonctionnaires, revenus stables | Jeunes, salariés en mobilité |
| Plafond de couverture | Selon contrat (souvent 24 mois) | 36 mois de loyers |
| Frais juridiques couverts | Oui (selon contrat) | Non |
| Dégradations couvertes | Oui (selon contrat) | Oui (dans certaines limites) |
| Déductible des revenus fonciers | Oui | Non applicable |
La Visale convient si votre locataire est éligible et si vous louez à un jeune actif. La GLI s’adapte à un éventail plus large de locataires, avec une couverture souvent plus complète, notamment sur la protection juridique.
GLI vs dépôt de garantie : deux rôles distincts
Le dépôt de garantie (souvent appelé caution, à tort) est une somme versée par le locataire à l’entrée dans le logement. Elle représente un ou deux mois de loyer hors charges selon le type de bail. Elle sert à couvrir d’éventuelles dégradations ou impayés au départ du locataire.
Son problème ? Elle est limitée et ne protège pas pendant le bail. Si votre locataire accumule 6 mois d’impayés, un dépôt de garantie d’un mois ne suffit pas.
La GLI, elle, agit tout au long de la durée du bail, dès le premier impayé constaté. Ce sont deux mécanismes complémentaires, pas substituables.
Pour mieux comprendre les règles autour du dépôt de garantie, consultez notre article sur le dépôt de garantie loyer impayé.
Souscrire une GLI : les étapes concrètes
Voici comment ça se passe dans la vraie vie :
- Vérification du dossier locataire : l’assureur analyse les justificatifs de revenus, le contrat de travail et la situation financière du candidat.
- Souscription du contrat : si le locataire est éligible, vous signez le contrat GLI avant ou au moment de la signature du bail.
- Prise d’effet de la couverture : la garantie s’active à la date de prise d’effet du bail.
- Déclaration d’un sinistre : en cas d’impayé, vous déclarez le sinistre à votre assureur dans les délais prévus au contrat (souvent sous 30 à 60 jours après le premier impayé).
- Indemnisation : l’assureur verse les sommes dues et peut prendre en charge la procédure de recouvrement.
Les points de vigilance avant de signer une GLI
Tout contrat a ses angles morts. La GLI n’échappe pas à la règle. Avant de signer, voici ce qu’il faut vérifier point par point.
Les délais de carence et de franchise
La plupart des contrats GLI prévoient :
- Un délai de carence : période après la souscription pendant laquelle vous n’êtes pas encore couvert (souvent de 0 à 3 mois selon les assureurs).
- Une franchise : le nombre de loyers impayés que vous devez absorber avant que l’assureur intervienne. Certains contrats haut de gamme ne prévoient aucune franchise.
Ces deux points peuvent faire une vraie différence si un sinistre survient tôt dans la vie du contrat. Comparez-les systématiquement.
Les plafonds de remboursement
La GLI ne rembourse pas à l’infini. Les contrats prévoient un plafond mensuel (souvent le montant du loyer charges comprises, avec parfois un plafond absolu de 2 500 € ou 3 000 €/mois) et un plafond en durée (généralement 24 à 36 mois de loyers).
Au-delà de ces plafonds, vous n’êtes plus couvert. C’est rare que les procédures durent aussi longtemps, mais ça arrive.
Les exclusions courantes dans les contrats GLI
Certaines situations sont systématiquement exclues. Notamment :
- Les impayés connus ou prévisibles avant la souscription.
- Les locataires dont le dossier a été falsifié.
- Les sinistres non déclarés dans les délais contractuels.
- Les dégradations résultant d’un défaut d’entretien du propriétaire.
Lisez les exclusions avant de signer. C’est le paragraphe que personne ne lit et qui crée le plus de litiges au moment de l’indemnisation.
Si vous avez des questions sur la marche à suivre en cas d’impayé prolongé, notre article sur combien de temps dure l’assurance loyer impayé vous explique les délais réels.
Tableau récapitulatif : la GLI en un coup d’œil
| Caractéristique | Détail |
| Définition | Assurance souscrite par le propriétaire contre les impayés |
| Ce qu’elle couvre | Loyers/charges impayés, frais juridiques, dégradations |
| Ce qu’elle ne couvre pas | Impayés antérieurs à la souscription, dossiers falsifiés |
| Coût | Entre 2 % et 4,5 % du loyer annuel charges comprises |
| Déductibilité fiscale | Oui, au régime réel des revenus fonciers |
| Cumul avec caution solidaire | Interdit, sauf étudiants et apprentis |
| Conditions locataire | Revenus ≥ 3x le loyer, CDI ou revenus stables, pas de FICP |
| Durée de couverture | Généralement 24 à 36 mois de loyers maximum |
| Délai d’indemnisation | Variable selon assureur (souvent sous 30 à 60 jours) |
FAQ : vos questions sur la GLI
La GLI est-elle obligatoire pour un propriétaire ?
Non, elle est facultative. C’est le propriétaire qui choisit librement d’y souscrire pour protéger ses revenus locatifs.
Peut-on souscrire une GLI après la signature du bail ?
Oui, mais les impayés antérieurs à la souscription ne seront pas couverts. Il vaut mieux souscrire avant ou au moment de la signature du bail.
Que se passe-t-il si mon locataire n’est pas éligible à la GLI ?
D’autres solutions existent : la garantie Visale (sous conditions), un garant physique, ou une caution bancaire. Un conseiller peut vous aider à trouver la meilleure alternative.
La GLI couvre-t-elle les loyers impayés en cas de procédure d’expulsion ?
Oui. Pendant toute la durée de la procédure judiciaire, les loyers continuent d’être pris en charge, dans la limite des plafonds et de la durée prévus au contrat.
La GLI protège vos revenus locatifs sans que vous ayez à gérer seul les impayés, les procédures et les dégradations. C’est une assurance simple, déductible fiscalement et activable dès le premier impayé.
Si vous êtes propriétaire bailleur et que vous voulez louer en toute tranquillité, c’est le moment de faire le point sur votre situation. Remplissez notre formulaire de contact et obtenez un devis personnalisé en quelques minutes.

