Vous attendez le virement et rien n’arrive ? Cette sensation de malaise quand vous consultez votre compte bancaire le 5 du mois et constatez l’absence du loyer devient vite une source d’inquiétude. Face à des loyers impayés, beaucoup de propriétaires se sentent démunis et ne savent pas quelle direction prendre.
Pourtant, des solutions existent et agir rapidement fait toute la différence. Dans cet article, vous allez découvrir les démarches concrètes à suivre, les garanties à activer et les recours légaux à votre disposition pour sécuriser vos revenus locatifs.
La situation actuelle des loyers impayés en France
Avant de vous lancer dans les démarches, il est utile de comprendre le contexte actuel du marché locatif français.
Les chiffres clés de 2025
La situation des loyers impayés en France présente un visage à double facette. En Île-de-France, le taux s’établit à 3,43% en janvier 2025, montrant une légère amélioration par rapport à 3,58% l’année précédente. Dans les grandes métropoles régionales, on observe un taux similaire de 3,49%. Ces chiffres restent néanmoins bien supérieurs aux 0,89% enregistrés avant la crise sanitaire de 2020.
En province, la réalité est plus préoccupante. Le taux des loyers impayés dépasse désormais les 4%, en hausse continue depuis plusieurs années. Certaines zones rurales et villes moyennes affichent même des taux supérieurs, traduisant une fragilité économique persistante. Les départements comme l’Ariège, la Guyane et La Réunion figurent parmi les plus touchés avec des taux avoisinant 8%.
Les raisons de cette augmentation
Plusieurs facteurs expliquent cette montée des impayés. L’inflation persistante érode le pouvoir d’achat des locataires, même si elle ralentit progressivement. Les prix de l’énergie, de l’alimentation et des services restent élevés, réduisant le reste à vivre des ménages. De plus en plus de foyers consacrent plus de 35% de leurs revenus au logement, un seuil critique qui augmente significativement le risque de défaut de paiement.
La précarité de l’emploi touche particulièrement les jeunes actifs, les familles monoparentales et les travailleurs indépendants. Ces profils, autrefois considérés comme fiables, rencontrent aujourd’hui des difficultés à honorer leurs engagements locatifs. Les relances à cinq jours après la date d’échéance concernent désormais près de 20% des loyers, contre seulement 6% avant la crise sanitaire.
L’importance d’une gestion professionnelle
Les statistiques démontrent l’efficacité d’une gestion rigoureuse. Les biens gérés par des professionnels affichent un taux d’impayés de seulement 1,97%, tandis que ceux en autogestion atteignent 5,33%. Cette différence significative s’explique par une sélection plus stricte des candidats, un suivi quotidien des paiements et une réactivité accrue en cas de retard.
Les premières démarches à adopter en cas d’impayé
Votre locataire n’a pas payé son loyer ? Vous devez agir rapidement mais avec méthode pour maximiser vos chances de résolution amiable.
Le constat amiable immédiat
Dès le premier retard, contactez votre locataire par téléphone ou email. Cette approche permet souvent d’identifier s’il s’agit d’un simple oubli ou d’une difficulté temporaire. Beaucoup de propriétaires hésitent à cette étape par peur d’être intrusifs, mais une communication rapide évite l’accumulation de dettes et préserve la relation locative.
Lors de cet échange, restez courtois et à l’écoute. Votre locataire traverse peut-être une période difficile : perte d’emploi, maladie, divorce. Comprendre sa situation vous permettra d’adapter votre réponse et éventuellement de trouver un arrangement. Notez précisément la date et le contenu de vos échanges, ces informations pourraient servir ultérieurement.
L’envoi d’une mise en demeure
Si votre locataire ne réagit pas à votre premier contact ou si aucune solution n’émerge, vous devez passer à l’étape suivante : la mise en demeure. Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception exigeant le paiement du loyer et des charges impayés. Ce document officialise votre démarche et constitue une preuve indispensable pour d’éventuelles procédures ultérieures.
Votre mise en demeure doit mentionner clairement le montant dû, la période concernée et un délai pour régulariser la situation. Généralement, accordez entre huit et quinze jours. Rappelez également les conséquences d’un non-paiement : activation des garanties, procédures judiciaires, résiliation du bail. Ce courrier fait souvent réagir les locataires de bonne foi qui ignoraient parfois la gravité de la situation.
La proposition d’un plan d’apurement
Lorsque votre locataire fait face à des difficultés financières passagères mais démontre sa bonne volonté, envisagez un plan d’apurement. Cette solution consiste à échelonner la dette sur plusieurs mois tout en maintenant le paiement du loyer courant. Par exemple, si trois mois de loyer sont impayés, vous pouvez convenir d’un remboursement mensuel supplémentaire pendant six mois.
Formalisez cet accord par écrit et faites-le signer par votre locataire. Précisez le montant de chaque échéance, les dates de paiement et les conséquences en cas de non-respect. Cette démarche permet souvent de sauver la relation locative tout en récupérant progressivement votre dû. Cependant, restez vigilant : si votre locataire ne respecte pas le plan, vous devrez passer aux étapes suivantes sans tarder.
Activer les garanties et dispositifs d’aide
Plusieurs mécanismes existent pour vous protéger contre les loyers impayés. Voici comment les mobiliser efficacement.
La caution solidaire
Si vous avez demandé une caution lors de la signature du bail, c’est le moment de la solliciter. Le garant s’est engagé à payer les loyers en cas de défaillance du locataire. Envoyez-lui une lettre recommandée avec accusé de réception détaillant le montant des impayés et exigeant le règlement.
La caution solidaire peut être actionnée dès le premier impayé, sans attendre l’issue d’une procédure judiciaire. Cependant, vérifiez que le garant dispose toujours des capacités financières nécessaires. Certains garants, notamment les parents âgés, peuvent avoir vu leur situation évoluer depuis la signature du bail. Si le garant refuse de payer ou se trouve dans l’incapacité de le faire, vous devrez explorer d’autres options.
La garantie loyers impayés (GLI)
Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés, déclarez le sinistre dans les délais prévus par votre contrat. Généralement, cette déclaration doit intervenir entre 15 et 30 jours après la constatation du premier impayé. La GLI prend en charge vos loyers impayés, généralement jusqu’à 24 mois, ainsi que les frais de procédure judiciaire et les éventuelles dégradations du logement.
Pour activer votre GLI, rassemblez les documents nécessaires : bail signé, preuves des relances envoyées, justificatifs de non-paiement. Votre assureur analysera le dossier et, si toutes les conditions sont remplies, commencera à vous indemniser sous 15 à 30 jours. Cette solution offre une tranquillité d’esprit considérable et explique pourquoi de plus en plus de propriétaires optent pour cette protection. Découvrez comment fonctionne une garantie loyer impayé en détail.
La garantie Visale
Votre locataire bénéficie peut-être de la garantie Visale proposée par Action Logement. Ce dispositif gratuit couvre les impayés de loyer et charges pendant les 36 premiers mois du bail pour les jeunes actifs et certains profils éligibles. Si c’est le cas, déclarez l’impayé dans les 30 jours suivant la date d’échéance du loyer non payé sur le site d’Action Logement.
La garantie Visale intervient rapidement et peut vous verser jusqu’à neuf mois de loyers et charges impayés. Pour en savoir plus sur comment activer la garantie Visale et maximiser vos chances de récupération, consultez les modalités précises d’activation.
Les organismes d’aide au logement
N’oubliez pas de signaler la situation aux organismes payeurs des aides au logement (CAF ou MSA) dès que deux mois de loyers sont impayés. Ces organismes peuvent intervenir directement auprès du locataire, lui proposer un accompagnement social ou suspendre le versement des aides pour vous les reverser directement. Cette démarche administrative simple peut débloquer des situations complexes.
Si votre locataire traverse des difficultés financières importantes, orientez-le vers le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL). Cet organisme peut accorder des aides financières pour régler tout ou partie des impayés, évitant ainsi une procédure d’expulsion. Cette solution profite aux deux parties : vous récupérez votre dû et votre locataire conserve son logement.
Engager les procédures judiciaires
Lorsque toutes les démarches amiables échouent et que les garanties ne suffisent pas, vous devez recourir à la voie judiciaire.
Le commandement de payer
Le commandement de payer constitue la première étape judiciaire obligatoire. Faites appel à un commissaire de justice (anciennement huissier) qui se déplacera au domicile du locataire pour lui remettre en main propre ou sur sa porte un acte officiel exigeant le paiement des sommes dues. Ce document détaille précisément les montants réclamés et accorde un délai de deux mois au locataire pour régulariser sa situation.
Durant ces deux mois, le locataire peut contester le commandement, proposer un échéancier de paiement ou régler intégralement sa dette. Si aucune régularisation n’intervient, vous pourrez saisir le tribunal. Le commandement de payer représente également un acte de rupture dans la relation locative et signale clairement votre détermination à récupérer votre dû.
La saisine du tribunal
Après l’expiration du délai de deux mois sans régularisation, vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection pour demander la résiliation du bail et l’expulsion du locataire. Préparez un dossier complet comprenant tous les documents : bail, commandement de payer, preuves des impayés, correspondances échangées.
Le tribunal examine votre demande et convoque les parties à une audience. Le juge peut accorder un délai supplémentaire au locataire, ordonner sa condamnation au paiement des sommes dues, prononcer la résiliation du bail et autoriser l’expulsion. Ces procédures prennent généralement entre six mois et un an, voire davantage selon l’encombrement des tribunaux et la période (trêve hivernale notamment).
L’expulsion du locataire
Une fois le jugement d’expulsion prononcé, le commissaire de justice délivre un commandement de quitter les lieux. Le locataire dispose alors d’un délai de deux mois pour libérer volontairement le logement. Si ce n’est pas le cas et après autorisation du préfet, le commissaire de justice procède à l’expulsion avec l’assistance de la force publique si nécessaire.
Attention : l’expulsion reste impossible pendant la trêve hivernale qui s’étend généralement du 1er novembre au 31 mars. Pendant cette période, même avec un jugement en votre faveur, vous devez attendre la fin de la trêve pour faire exécuter l’expulsion. Cette règle protège les locataires des situations d’urgence mais prolonge considérablement les délais pour les propriétaires.
Les erreurs à éviter absolument
Certaines actions, même si elles semblent justifiées, peuvent vous exposer à de lourdes sanctions.
Ne jamais couper les fluides ou changer les serrures
Même face à des impayés importants, vous n’avez jamais le droit de couper l’eau, l’électricité, le gaz ou le chauffage. De même, changer les serrures pour empêcher le locataire d’accéder au logement constitue une infraction pénale. Ces actes sont considérés comme des voies de fait et vous exposent à des poursuites pénales, des amendes pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros et des dommages et intérêts à verser au locataire.
Ces interdictions visent à protéger le locataire, même défaillant, contre toute forme d’abus ou de pression illégitime. Seule une décision de justice peut légalement mettre fin à la jouissance du locataire de son logement. Si vous êtes tenté par ces solutions expéditives, rappelez-vous qu’elles aggravent considérablement votre situation.
Conserver tous les justificatifs
Constituez et conservez méticuleusement un dossier complet avec tous les documents relatifs au bail et aux impayés. Rassemblez les preuves de paiement (ou de non-paiement), les courriers envoyés, les accusés de réception, les constats d’huissier. Ces éléments seront indispensables pour activer vos garanties et mener à bien une procédure judiciaire.
Numérisez systématiquement tous vos documents et conservez-les dans plusieurs emplacements sécurisés (ordinateur, cloud, copies papier). Un dossier bien organisé accélère considérablement le traitement de votre situation par votre assurance ou votre avocat.
Maintenir une communication écrite
Privilégiez toujours les échanges écrits avec votre locataire défaillant. Les conversations téléphoniques ou de vive voix n’ont aucune valeur probante devant un tribunal. Chaque accord, chaque promesse de paiement, chaque plan d’apurement doit être formalisé par écrit et signé par les deux parties. Ces précautions vous protègent contre les mauvaises surprises et les contestations ultérieures.
Tableau récapitulatif des démarches
| Étape | Action | Délai | Documents requis |
| Phase amiable | Contact téléphone/email | Immédiat | – |
| Mise en demeure LRAR | 8-15 jours | Bail, preuves impayés | |
| Plan d’apurement | Variable | Accord écrit signé | |
| Activation garanties | Sollicitation caution | Immédiat | LRAR au garant |
| Déclaration GLI | 15-30 jours | Bail, relances, justificatifs | |
| Déclaration Visale | 30 jours | Attestation Visale | |
| Signalement CAF/MSA | Après 2 mois | Bail, preuves impayés | |
| Procédure judiciaire | Commandement de payer | 2 mois | Tous documents |
| Saisine tribunal | 6-12 mois | Dossier complet | |
| Expulsion | 2 mois + trêve | Jugement, commandement |
Prévenir les loyers impayés : les meilleures pratiques
Au-delà de savoir réagir, anticiper reste la meilleure stratégie pour sécuriser vos revenus locatifs.
Sélectionner rigoureusement vos locataires
La prévention commence dès la sélection du locataire. Vérifiez systématiquement les pièces justificatives : bulletins de salaire, contrat de travail, avis d’imposition, relevés bancaires. Assurez-vous que les revenus du candidat représentent au minimum trois fois le montant du loyer charges comprises. Cette règle, bien que non obligatoire, offre une marge de sécurité raisonnable.
N’hésitez pas à contacter les précédents propriétaires pour obtenir des références. Un locataire qui a déjà été défaillant par le passé présente un risque accru de récidive. Soyez attentif aux incohérences dans le dossier ou aux documents suspects. Les faux bulletins de salaire se multiplient et nécessitent une vigilance accrue.
Souscrire une protection adaptée
Même avec une sélection rigoureuse, le risque zéro n’existe pas. Souscrire une garantie loyer impayé vous protège contre les aléas de la vie. Le coût de cette assurance, généralement entre 2% et 4% du loyer annuel, représente un investissement raisonnable face aux conséquences financières d’un impayé prolongé.
Pour bénéficier d’une assurance loyer impayé, vous devez respecter certaines conditions d’éligibilité concernant le locataire. Renseignez-vous en amont sur ces critères pour choisir des candidats compatibles avec votre future protection.
Établir une relation de confiance
Maintenez une communication régulière et bienveillante avec votre locataire. Un propriétaire accessible et à l’écoute favorise le dialogue en cas de difficultés passagères. Votre locataire osera vous prévenir rapidement s’il rencontre des problèmes plutôt que de laisser la situation se dégrader dans le silence.
Répondez rapidement aux demandes de réparation et d’entretien. Un logement bien entretenu et un propriétaire réactif créent les conditions d’une relation locative saine où le locataire se sent respecté et respecte à son tour ses obligations.
FAQ
Combien de temps faut-il pour récupérer un loyer impayé ?
Cela dépend de la méthode choisie. Avec une GLI, vous êtes indemnisé sous 15 à 30 jours. Sans assurance, comptez entre 6 et 18 mois via la procédure judiciaire, hors période de trêve hivernale.
Puis-je expulser mon locataire pendant la trêve hivernale ?
Non, l’expulsion est interdite du 1er novembre au 31 mars, sauf situations exceptionnelles (relogement assuré, locataire occupant sans droit ni titre). Vous devez attendre la fin de la trêve même avec un jugement.
Mon locataire a la garantie Visale, suis-je protégé ?
Oui, mais vous devez déclarer l’impayé dans les 30 jours sur le site Action Logement. Visale couvre jusqu’à 9 mois de loyers impayés pendant les 36 premiers mois du bail selon les conditions d’éligibilité.
Que faire si le locataire disparaît sans payer ?
Faites constater l’abandon du logement par un commissaire de justice, déclarez la situation à votre assurance GLI si vous en avez une, puis engagez la procédure de résiliation du bail pour défaut de paiement et abandon.
Face à des loyers impayés, votre réactivité fait toute la différence. Commencez par la phase amiable, activez rapidement vos garanties et n’hésitez pas à engager les procédures judiciaires si nécessaire. Chaque situation reste unique et mérite une approche adaptée.
Pour sécuriser durablement vos revenus locatifs et bénéficier d’un accompagnement personnalisé, contactez-nous dès maintenant. Notre équipe d’experts vous guidera dans le choix de la protection la mieux adaptée à votre situation.

